Un verger de poires dédié à la production d’alcool

Par Audrey Leblanc
Un verger de poires dédié à la production d’alcool
Benoit Magny, copropriétaire du nouveau verger de poires à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. (Photo : (Photo - Audrey Leblanc))

SAINTE-GENEVIÈVE-DE-BATISCAN. Benoit Magny, un éleveur de porcs de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, est en train d’aménager le tout premier verger de poires de la région. Il a planté ses premiers arbres sur le rang Nord il y a près d’un an. On en compte maintenant 200 et plusieurs autres seront plantés sur la propriété dans les années à venir. 

L’objectif à terme est de récolter les fruits pour en faire de l’alcool. M. Magny et sa conjointe Joanne Paquet ont pour projet de construire une distillerie sur le site. « Les arbres devraient commencer à produire dans environ trois ans, précise M. Magny. On ne sera pas encore à notre pleine capacité à ce moment-là parce qu’on a encore pas mal de place pour d’autres poiriers sur le site. Dans un horizon de cinq ou six ans, on va commencer à récolter. »

On dénombre présentement 11 variétés de poires dans le verger. « Au début, ce sera du essai-erreur parce qu’on ne sait pas encore quelles variétés vont faire le meilleur alcool, explique M. Magny. Il se peut qu’un fruit qui soit bon au goût ne le transmette pas bien dans un alcool. J’aimerais aussi produire un soda pour les enfants, question que ce soit un verger pour toute la famille. C’est quelque chose qui ne se fait pas au Québec. »

Ce projet de verger, le couple l’a en tête depuis déjà un bon moment. Souhaitant tous deux réorienter leur carrière, l’occasion d’acquérir cette propriété s’est présentée à eux récemment. 

« C’est une folie que j’ai eue en parlant avec des amis, raconte M. Magny. Je me disais que j’aimerais un jour changer de carrière, avoir quelque chose à l’extérieur. Je voulais quelque chose qui n’existe pas dans le coin. Et ça, c’est carrément un autre monde. Je veux maintenant me rapprocher de la nature et avoir un autre rythme de travail. »

« Ça fait des années que j’y pense, renchérit ce dernier. Et puis, cette propriété a été mise en vente en 2020. Même si c’était une cour de recyclage automobile, je le voyais ici, mon verger. On a d’abord mandaté une firme pour s’assurer que le sol était propre. »

Ensuite, il a fallu niveler, drainer et chauler le terrain. « Il a fallu amener ça propre à l’agriculture, soutient M. Magny. C’est beaucoup d’investissements pour des résultats à long terme. À l’aube de la soixantaine, on peut maintenant se le permettre, alors on se lance dans l’aventure. » 

Un projet rassembleur

Une fois les arbres à maturité et la production lancée, M Magny envisage de travailler à l’entretien du verger de mars à novembre et de se consacrer à la production d’alcool les mois suivants. 

« Notre fils Mathieu a même démontré de l’intérêt pour prendre la relève de l’entreprise un jour. Pour nous, c’est beau de voir que ça devient un projet familial. C’est mon rêve que notre petite fille Margot vienne se cueillir une poire et la mange dans le verger », conclut Benoit Magny. 

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