Projet de mise en valeur pour le Trou à Barbotte

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Par Bernard Lepage
Projet de mise en valeur pour le Trou à Barbotte
En 2014, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a réalisé des aménagements fauniques sur le site du Trou à Barbotte dans le but de rétablir la libre circulation des poissons entre ce milieu et la rivière Saint-Maurice. (Photo : courtoisie BVSM)

SAINT-ROCH-DE-MÉKINAC.  Propriétaire du site depuis 2016, Bassin Versant Saint-Maurice (BVSM) aménagera au cours des prochains mois un sentier pédestre agrémenté de panneaux d’interprétation au Trou à Barbotte, située en bordure de la route 155 au km 19. 

L’organisme bénéficiera d’une aide d’un peu plus de 69 000$ de la Fondation de la Faune du Québec et de son partenaire financier Hydro-Québec pour réaliser ce projet qui donnera à la population un accès gratuit à la rivière Saint-Maurice tout en préservant l’intégrité écologique du secteur.

Ce projet de mise en valeur survient près de deux ans après l’acquisition de deux lots en aval du Trou à Barbotte et appartenant à Solifor, ce qui fait maintenant de BVSM le propriétaire de près de 70 hectares de terrains situés en milieu humide dans ce secteur situé dans les limites de la municipalité de Saint-Roch-de-Mékinac.

L’aménagement comprendra un quai flottant pour permettre la pêche et la mise à l’eau de canots ou de kayaks ainsi que près de 800 mètres de sentier pédestre, avec notamment deux ponceaux pour traverser un ruisseau à l’aller et au retour.

Stéphanie Chabrun, directrice générale de l’organisme, explique que dans une seconde phase, le sentier pédestre du Trou à Barbotte pourrait être prolongé sur les anciens terrains de Solifor, communément désignés comme la Baie Jos-Dontigny et le Trou aux Épinettes. L’ensemble du site sera d’ailleurs baptisé Aire écologique Mirakoto, un nom attikamek signifiant frayère ou pouponnière.

« Nous installerons aussi trois panneaux d’interprétation sur lesquels nous voulons mettre en valeur le savoir ancestral des Attikameks et l’importance de la rivière Saint-Maurice pour leur nation. Nous travaillons en collaboration avec le Conseil de la Nation Attikamek dans ce dossier et les textes explicatifs sur les panneaux comprendront d’ailleurs une version dans leur langue », poursuit Stéphanie Chabrun.

Avant d’être cédé à BVSM il y a plus de cinq ans, le Trou à Barbotte était la propriété de Vision Saint-Maurice qui y avait d’ailleurs aménagé un stationnement et installé des tables à pique-nique. Le site était cependant utilisé par de nombreux campeurs tout en étant la cible d’actes de vandalisme.

« Quand nous en sommes devenus propriétaires, nous avons inventorié la faune et la flore. On y a même découvert un dépôt sauvage contaminé aux hydrocarbures que nous avons nettoyé. On retrouve aussi une colonie de panais sauvage, une plante exotique envahissante qui cause des brûlures, que nous sommes présentement à éradiquer », révèle la biologiste.

Une barrière a depuis été installée pour empêcher les voitures d’y accéder. « Notre objectif, c’est d’ouvrir l’Aire écologique Mirakoto à l’été 2023 avec deux naturalistes qui seront là les week-ends pour donner de l’information et surveiller le site.

Le Trou à Barbotte est essentiel au maintien de la biodiversité dans la rivière Saint-Maurice puisqu’avec sa superficie de 30 hectares, il représente près du quart des milieux humides situés aux abords du cours d’eau. BVSM y a recensé près de 60 espèces d’oiseaux, 100 espèces de végétaux et pas moins de 25 espèces de poissons, dont le méné d’herbe, une espèce dont la survie est jugée préoccupante par le gouvernement du Canada.

Soulignons que dans ce dossier, Solifor s’est montré un bon citoyen corporatif puisqu’un autre acquéreur s’était montré intéressé au site et que l’entreprise, propriété du Fonds de solidarité FTQ, a tout de même privilégié l’offre de BVSM tout en lui accordant deux ans pour régler le montant de la transaction.

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