Martin Massicotte à la conquête de l’Alaska

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Par Bernard Lepage
Martin Massicotte à la conquête de l’Alaska
Pour se préparer pour l'Iditarod, Martin Massicotte a visionné plusieurs reportages afin de connaître les meilleures stratégies adoptées par les mushers expérimentés. (Photo : courtoisie Peter Freeman)

MUSHER. Martin Massicotte deviendra ce dimanche 8 mars le premier Québécois de l’histoire à prendre part à l’Iditarod, une »ballade » de 1000 milles (1600 kilomètres) en traîneau à chiens dans les steppes enneigées de l’Alaska.

Le musher de Saint-Tite a déjà participé au Yukon Quest en 2003, considéré comme la course la plus difficile au monde. «L’Iditarod est la même distance mais elle comporte plus de points de ravitaillement.  Par contre, les derniers 300 milles (480 kilomètres) sont sur la côte du Pacifique et les vents peuvent être terribles. La température peut atteindre -60 degrés Celsius et les chiens avoir de la difficulté à repérer la piste», expliquait à L’Hebdo Martin Massicotte quelques jours avant son départ pour l’autre bout du continent.

Une soixantaine de mushers sont inscrits à l’Iditarod, majoritairement des Américains mais aussi du Canada, de l’Italie, du Danemark et de la Norvège. L’épreuve se déroulera sur neuf jours pour les plus performants, dont un 24 heures d’arrêt obligatoire pour tous les compétiteurs. «On peut le prendre au moment où on veut, mais généralement, c’est au tiers de la course.»

Martin Massicotte et l’un de ses chiens de race Alaskian.

Une course en solitaire

Alors que dans ce genre d’épreuve marathon, des clans se forment pour parcourir les distances et s’entraider, Martin Massicotte préfère voyager en solitaire. «C’est ce qui s’est passé au Yukon et que je compte faire en Alaska.»

Avec son attelage de 14 chiens, le musher mauricien prévoit parcourir environ 130 milles par jour, soit un peu plus de 200 kilomètres. «Je parcours environ 50 milles (80 kilomètres) puis je fais une pause de trois ou quatre heures pour reposer les chiens. Puis on repart ainsi de suite mais au fil de la course, je rallonge la pause d’une heure pour permettre de récupérer. Mais ce n’est jamais coulé dans le béton. Ça dépend des conditions de piste et de l’état des chiens.»

Le plus difficile admet Martin Massicotte, c’est le manque de sommeil. «Quand j’arrive à un point de ravitaillement, je m’occupe en premier de nourrir les chiens puis ils s’endorment pour trois ou quatre heures. Moi, je dois manger, faire sécher mes vêtements, aller au check point. Alors quand j’ai le temps de me reposer trois quarts d’heure, c’est beau.»

10 000 calories par jour

Le Saint-Titien est parti à la mi-février en camion pour la côte ouest avec ses 16 chiens de race Alaskian. Un petit cheptel en comparaison d’autres compétiteurs qui en ont parfois près de 50. «C’est ce qui me distingue des autres mushers, raconte Martin Massicotte. Je n’en ai pas beaucoup mais je connais tout d’eux, leurs forces comme leurs faiblesses.» Quelques semaines avant l’Iditarod, il était allé se faire les dents au Minnesota lors d’une course de 300 milles (480 kilomètres). Il y a terminé 4e mais a remporté le »Best dog care » remis à celui qui prend le mieux soin de ses chiens.  Un prix qui compte beaucoup à ses yeux.

«Leur condition physique est phénoménale, dit-il avec admiration. Les meilleurs ultramarathoniens sur la planète vont courir 10 marathons en dix jours. Mes chiens, ils font trois marathons par jour, durant huit jours.» Chaque bête brûle environ 8000 à 10 000 calories quotidiennement. Pas étonnant qu’ils doivent chacun ingurgiter de 8 à 10 livres de viande crue (bœuf et poulet) chaque jour.

Martin Massicotte entreprend la course sans se fixer aucun objectif, sinon celui de la terminer. «J’ai zéro attente. Quand tu te mets de la pression, tu arrêtes de dormir et comme je ne prévois pas dormir beaucoup… Non, pour moi, l’Iditarod, c’est un défi personnel, une expérience de vie. J’y vais parce que je pense que je suis à mon top comme musher», termine-t-il avec détermination.

Martin Massicotte entreprend la course sans se fixer aucun objectif, sinon celui de la terminer.

Bon à savoir

  • Lors de l’édition 2019 de l’Iditarod, treize des 52 mushers ayant pris le départ avaient abandonné en cours de route.
  • Une bourse d’environ 50 000$ US est remise au vainqueur.
  • En 2019, le gagnant avait complété l’épreuve en 9 jours, 12 heures, 39 minutes et 6 secondes, soit une douzaine de minutes avant son plus proche poursuivant.
  • La dernière compétitrice ayant franchi le fil d’arrivée en 2019 avait mis 14 jours et près de 23 heures pour faire les 1000 milles.
  • L’Iditarod commémore un événement historique survenu il y a près de 100 ans. En 1925, la petite ville de Nome est frappée par une épidémie de diphtérie. Plusieurs équipes de traîneaux à chiens s’étaient alors relayées pour transporter sur des centaines de kilomètres un sérum pour sauver les enfants de Nome.

Pour suivre la progression de Martin Massicotte, consultez sa page Facebook Le Chenil des Patriotes ou directement sur le site web de l’événement (www.iditarod.com)

 

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Beurmond Banville
Beurmond Banville
2 années

Bonne chance Martin. Give them hell

Marie-Andrée Perreault
Marie-Andrée Perreault
2 années

Malheureusement il y a erreur dans l’article, ce n’est pas le premier québécois à faire la course de l’Iditarod.

Lloyd and Lee Soucie
Lloyd and Lee Soucie
2 années

We are rooting for you Martin!!! Make us proud!!