Jean-Pierre Frigon ou les héros oubliés de Mékinac

CONFÉRENCES. Nouvellement retraité de l’enseignement,  Jean-Pierre Frigon a amorcé la semaine dernière à Saint-Adelphe une série de conférences qui l’amènera dans différentes localités de la MRC afin d’y faire découvrir «Les héros oubliés de Mékinac».

Passionné depuis toujours par la Seconde Guerre mondiale, l’ancien professeur de l’école Paul-Le Jeune a plusieurs fois invité d’anciens soldats à venir témoigner de leurs expériences devant les élèves. «J’ai recensé une cinquantaine d’hommes de Mékinac qui ont participé à la guerre 39-45. On parle souvent des Québécois déserteurs, mais peu des volontaires qui se sont engagés. Il y en a pourtant beaucoup, on serait surpris.»

Un soldat de Saint-Adelphe qui a pris part au débarquement de Dieppe avant d’être fait prisonnier durant deux ans par les Allemands; un de Sainte-Thècle qui a participé au nettoyage du camp de concentration de Bergen Belsen, celui où Anne Frank est décédée;  les frères Gagnon, de Lac-aux-Sables, qui se sont mariés en Angleterre à la fin de la guerre;  un aviateur sablois qui a été décoré par le Roi Georges.

«J’adapte ma conférence selon l’endroit où elle est présentée. À Saint-Tite, je mets plus l’accent sur les soldats de la place et ainsi de suite.» Sans aucune comparaison, c’est à Lac-aux-Sables qu’on retrouve la plus grande concentration de militaires de la Deuxième Guerre mondiale. «Il y a quinze jeunes hommes du village qui ont participé au conflit. C’est sans doute le fait qu’une fois la guerre terminée, les soldats démobilisés avaient priorité pour les jobs au Canadian National et au poste.»

De tous les héros oubliés de Mékinac, Jean-Pierre Frigon éprouve une affection certaine envers Gaston Cossette. Blessé d’un coup de baïonnette à l’épaule en Sicile, en Italie, le natif de Lac-aux-Sables a ensuite été évacué dans un hôpital militaire. Deux mois plus tard, il est de retour au front lors de la grande bataille de Casa Berardi au cours de laquelle le 22e Régiment perd 400 hommes.

Fait prisonnier par les Allemands, il réussit à l’aide d’un camarade à assommer d’un coup de crosse de fusil son gardien avant de prendre la fuite. Après une semaine en cavale, les deux soldats parviennent à rejoindre leur camp. Entretemps, persuadée qu’il est décédé, sa famille prépare déjà un service funèbre posthume à Lac-aux-Sables. Gaston Cossette poursuivra la guerre en Italie jusqu’à son terme, étant même promu au grade de sergent.

Conférences

  • Lac-aux-Sables (2 avril à 19h) à la salle municipale
  • Saint-Séverin (29 avril à 19h) à la salle municipale
  • Saint-Tite (date et lieu à venir)
  • Sainte-Thècle (date et lieu à venir)