Une course contre la montre pour les opposants

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Par Bernard Lepage
Une course contre la montre pour les opposants
Les porcheries dites d'engraissement sont la dernière étape avant d'envoyer les bêtes à l'abattoir. Elles y passent environ 18 semaines pour atteindre un poids moyen de 135 kg. (Photo : (Photo Deposit))

SAINT-ADELPHE.  Le groupe de citoyens opposé au projet d’implantation de trois porcheries à Saint-Adelphe interpelle la députée-ministre de Champlain, Sonia LeBel, pour qu’elle intervienne auprès de son collègue à l’environnement afin que le BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement) se penche sur le dossier. 

Il s’agit de l’une des nombreuses démarches entreprises depuis la mi-décembre afin d’empêcher que le conseil municipal ne délivre le 7 février prochain le permis de construction aux promoteurs.

Le 14 décembre dernier, une soirée de consultation était organisée afin de présenter le projet de Cultures Excel – une entreprise appartenant à Patates Dolbec – prévoyant l’élevage de 11 997 porcs, répartis dans trois bâtiments, sur un terrain aux abords du rang Price.

Suite à cette rencontre, la population avait jusqu’au 5 janvier pour réagir auprès de la commission municipale qui sera chargé de faire une recommandation au conseil municipal. « Une vingtaine de lettres d’opposants au projet ont été envoyées et nous avons aussi écrit à notre députée Sonia Lebel, au ministre de l’Environnement Benoît Charette, à la MRC de Mékinac et au maire Paul Labranche », explique Véronique Godin, créatrice du groupe Facebook Contre la nouvelle industrie porcine à St-Adelphe.

Celle-ci déplore le fait que cette consultation ait eu lieu juste avant la période des Fêtes et que la présence des membres de la commission municipale et de représentants de ministères ait limité le nombre d’opposants sur place.

Intervention du BAPE?

En proposant trois bâtiments d’une capacité de 3999 porcs chacun, Cultures Excel se soustrait à une étude du projet par le BAPE puisque la loi prévoit que les consultations publiques ne sont menés que pour les projets de plus de 4000 porcs. « C’est vraiment jouer avec la loi que de faire ça, déplore Véronique Godin. Ce n’est pas correct de nous imposer ça sans qu’on ait un mot à dire. »

La résidente du rang Price souligne que le projet suscite trop de questions pour que le ministère de l’Environnement ne s’en mêle pas. L’épandage du lisier sur des lots de Patates Dolbec qui sont traversés par les bassins versants des rivières Sainte-Anne et Batiscan; les risques de contamination potentiel de l’eau et des sols; les mesures de contrôle; la quantité phénoménale d’eau de la nappe phréatique qui sera utilisée; l’absence de couvercle sur la structure d’entreposage du bassin de lisier avec les risques de débordement que cela pose sont autant de facteurs qui rendent incontournable la tenue d’une audience publique sur le projet selon Véronique Bégin.

Dans sa lettre au ministre Benoît Charette, elle souligne qu’il s’agirait d’une  « excellente occasion de démontrer l’importance du virage vert et de la protection de l’environnement de la CAQ et pour le maintien de la qualité de vie de la population de Saint-Adelphe, de la Mauricie, de Portneuf et du Québec pour d’autres éventuels projets du genre. »

D’ailleurs, le Parti Libéral du Québec s’est emparé du dossier en déplorant l’inaction du ministre de l’Environnement et de la députée de Champlain, Sonia LeBel. Par la voix de la porte-parole de l’opposition officielle en matière d’environnement, Isabelle Melançon, les libéraux souligne que Benoit Charette était aussi demeuré les bras croisés dans un projet similaire à Maricourt, en Estrie, l’été dernier. La députée libérale souligne également « l’indifférence de la députée de Champlain face aux enjeux environnementaux en faisant la sourde oreille aux revendications de ses commettants qui l’implore d’intervenir auprès de son collègue ministre. »

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