Voyage: une industrie en attente

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local
Voyage: une industrie en attente

VOYAGE. Tant en Mauricie qu’au Centre-du-Québec, l’industrie du voyage tourne au ralenti. Même si certains rabais peuvent être offerts pour ceux qui sont à planifier leur séjour dans le Sud en prévision de l’hiver prochain, les restrictions en vigueur sur le transport aérien et la peur de la pandémie font en sorte que les téléphones sonnent peu dans les agences consultées.

«Les gens attendent de voir ce qu’il va se passer avec l’ouverture des frontières. On est un peu dans une zone grise. Il n’y a pas de réservation, mais quelques personnes commencent à demander des informations, bien que ça demeure tranquille. Il y a de l’insécurité chez les consommateurs, c’est évident», souligne Hélène Morissette de Club Voyages Super soleil qui a bien hâte que la situation revienne plus à la normale.

«On est au jour le jour. Les recommandations changent constamment, explique la propriétaire de l’agence qui a des places d’affaires à Shawinigan, Cap-de-la-Madeleine et Trois-Rivières, actuellement fermées. Je demeure joignable en tout temps sur mon cellulaire.»

Josée Vennes, propriétaire de l’agence Helo Voyages MM, qui a acquis Voyages MM à Saint-Tite, remarque que les gens veulent voyager, mais les compagnies d’assurance n’assurent pas leur voyage.

«Également, les frontières demeurent fermées et on ne sait pas quand elles vont rouvrir. En ce moment, on est bloqué, on ne sait pas quand on va pouvoir vendre du voyage», note-t-elle.

Vers des voyages à dimension plus humaine?

Justin Bordeleau, vice-président de Voyages Arc-en-Ciel, entrevoit une relance de l’industrie à une seule et grande condition : la concertation.

«Il faut que les différents acteurs se coordonnent pour une reprise simultanée des activités. Cela implique le milieu aérien, les gouvernements, les hôteliers, les croisiéristes et les excursionnistes. Il faut que tout cela reparte en symbiose», soutient-il.

«J’ai l’impression que les consommateurs vont chercher davantage des expériences naturelles, c’est-à-dire des voyages plus axés vers les régions que les grands centres. Ils vont se diriger plus vers les parcs nationaux que les lieux culturels. Le voyage sera ramené à une dimension plus humaine, avec moins de gros navires de croisières, moins de gros hôtels», prévoit-il.

Mme Vennes s’attend aussi à de grands changements dans l’industrie du voyage dans les prochains mois.

«La vente ne se fera plus de la même façon. Actuellement, on fait beaucoup de bénévolat sur des dossiers que l’on a travaillés deux ou trois fois. Il va falloir revoir notre méthode. On est train d’instaurer des frais de dossiers. On s’entend que pour les deux prochaines années, les gens vont nous appeler pour des crédits voyage. Donc, on a déjà travaillé sur ces dossiers-là et eu notre commission», explique-t-elle.

«Actuellement, ce sont les agents de voyage qui portent tout le fardeau de tous les fournisseurs et des compagnies aériennes, poursuit Mme Vennes. Nous, on est du côté de nos clients. Il faut redorer notre blason. Les gens qui n’ont pas eu d’agent de voyage pour se débattre pour les crédits voyage et les remboursements, ils étaient mal pris. Ils ont eu du trouble. On a une valeur en tant qu’agent.»

Hélène Morrissette croit aussi que les consommateurs sont maintenant plus sensibilisés à l’importance de prendre des assurances avant de partir en voyage et  à la planification des vacances par un conseiller: «Lorsque la vague d’annulation et de rapatriement était à son maximum en mars, nos clients étaient contents d’avoir fait le choix de faire affaire avec nous. Ils se sont sentis rassurés et bien accompagnés. On a un travail important quand il arrive un problème», conclut-elle.

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