Mauricèdres prête à augmenter sa production

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Par Stéphanie Paradis
Mauricèdres prête à augmenter sa production
Yannick Marchand, Sylvain Brouillette et Simon Brouillette, copropriétaires de Mauricèdres (Photo : Stéphanie Paradis)

SAINT-MAURICE. Pour Simon Brouillette et Yannick Marchand, l’aventure chez Mauricèdres a commencé il y a de cela 14 ans, alors que Sylvain Brouillette roulait déjà sa bosse avec son entreprise. Alors que les deux adolescents souhaitaient simplement se faire de l’argent de poche, puis, quelques années plus tard, payer leur université, Simon et Yannick n’ont finalement jamais mis le pied hors de la pépinière.

En quoi Simon et Yannick ont-ils étudié? «En zéro ça! Même pas proche!», s’esclaffe Yannick. Faire l’acquisition de la pépinière n’était en effet pas leur projet de carrière. Simon a étudié en ingénierie, alors que Yannick a décroché un diplôme en économie et en statistiques.

«Le gros pari qu’on a fait, c’est d’être heureux», poursuit Yannick, un peu plus sérieux, en expliquant que lui et son ami d’enfance ont choisi d’aller où leur cœur les dirigeait, et non où ils savaient déjà qu’ils performaient et qui semblait facile, avec un avenir financier assuré.

«Ce n’est pas le milieu le plus glamour, mais ça n’a pas rapport dans la décision. […] Si on n’avait pas repris l’entreprise, on aurait toujours eu le regret de ne pas l’avoir essayé. On se considérait comme de bons employés et Sylvain était super ouverts à nos idées», raconte Yannick.

Fait cocasse, Sylvain Brouillette, le fondateur de Mauricièdres, a une formation d’électricien, domaine dans lequel il n’a jamais travaillé non plus. Les trois hommes ne nient cependant pas que leurs expériences respectives sont tout de même utiles pour leur entreprise.

Yannick et Simon se sont finalement associés à Sylvain en ce début d’année 2020, année qui marque par ailleurs le 30e anniversaire de l’entreprise mauriçoise.

Des investissements bien pensés

Mauricèdres est une pépinière de production d’arbustes ornementaux en pot, soit de Thuya occidentalis nigra, communément appelé cèdre noir. L’entreprise se démarque entre autres par son choix d’œuvrer en monoculture. En cultivant à grande échelle une seule variété de plant, l’entreprise retire une spécialisation, des économies d’échelle et une connaissance accentuée de la production du cèdre. Sur le marché, cela se traduit par un produit de grande qualité à un prix compétitif.

Alors qu’ils sont moins d’une dizaine de producteurs de cèdres noirs en pot au Québec, Mauricèdres a conquis le marché en exportant aux quatre coins de la province, de Gatineau à Rimouski, en passant par le Lac-Saint-Jean.

Le succès de l’entreprise est tel qu’elle ne parvient pas, du moins pour l’instant, à répondre à la demande. Ce sont 30 000 à 40 000 cèdres qui sont vendus annuellement, mais d’ici deux ou trois ans, les choses devraient se placer et elle devrait être en mesure de fournir jusqu’à 60 000 cèdres annuellement.

Pour aider à la productivité, Mauricèdres s’est mécanisé en faisant l’acquisition d’une empoteuse, ce qui permet de réduire le temps de moitié de l’empotage et de réduire les contraintes physiques.

En 2020, c’est plutôt dans l’environnement que Mauricèdres investira. L’entreprise souhaite en effet passer à un mode d’irrigation goutte-à-goutte au lieu de par gicleur, ce qui réduirait de 75 % sa consommation en eau et de 100 % le gaspillage d’engrais chimique au sol.

«Il y a toujours façon de faire plus et toutes les entreprises ont cette responsabilité, avance Yannick. Par ce geste, nous nous commettons au développement durable de façon financière puisque ce type de système coûte jusqu’à 35 à 40 % plus cher.»

Mauricèdres dans la communauté

Chez Mauricèdres, on souhaite aller bien au-delà de la monoculture de cèdres à haie. Yannick Marchand, Simon Brouillette et Sylvain Brouillette, font partie intégrante de la communauté de Saint-Maurice. En plus d’employer des étudiants de la municipalité, les propriétaires de Mauricèdres tiennent à offrir un salaire juste à leur main d’œuvre et, surtout, d’accommoder leur emploi du temps avec leur horaire d’études, dans les mêmes circonstances qui ont amené les nouveaux associés dans la famille de Mauricèdres.

On peut également croiser les entrepreneurs sur un terrain de balle donnée ou encore de hockey bottine, dépendamment de la saison, car Mauricèdres commandite deux équipes sportives locales, soit les As Mauricèdres.

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